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4eme chapitre


Pas de déco pour l'instant - desolé -

Comme tous les matins, je me réveil par deux sonneries simultanées. Je programme toujours deux réveils, l'un branché sur le secteur, l'autre fonctionne à piles.

Après avoir engloutie la moitié d'un grand verre de lait, mis la main sur un jeans taille basse, un haut moulant et une paire de hauts talons, je sort enfin de mon appartement par un claquement de porte.
Le miroir de l'ascenseur me renvois le reflet d'une femme encore jeune, au physique agréable mais au visage fatigué.
Tu aurais bien besoin de vacances, ma petite Anthéa, je pense en observant de plus près les fines ombres bleutées qui se sont logées sous mon regard pendant la nuit.
Je remonte la fermeture éclair de ma veste jusqu'au col puis enfile des gants fourrés et un bonnet de laine, laissant tomber mes long cheveux ondulés en bas de mon dos.
J'habite au 23e étage d'un luxueux immeubles de Berlin, qui donne directement sur la rue principale de la ville. J'ai à peine mis le nez dehors, qu'une buée blanche et froide s'échappe déjà de mes lèvres. Il fait encore presque nuit et les rues sont comme désertes. La météo avait annoncé de la neige mais il n'est encore rien tombé.
Dans moins de deux heures, je le rencontrerais enfin, lui, l'inconnu . Et j'attends ce moment avec un mélange d'impatience et d'appréhension. Cela fait presque une semaine que Julien, Alexandre et moi nous voyons pour discuter du projet. Rouvier m'a, pour la dernière fois, rappeler hier qu'il est hors de question que je m'attache à cette vedette - mais qu'il n'ai aucune crainte - je n'ai pas du tout l'intention de m'attacher à lui. Je me remémore tristement mes dernières aventures amoureuses, forcée de constaté qu'il n'y a pas eu grand chose de sérieux. Des amourettes par-ci, par-là, mais jamais rien de suffisamment stable pour envisager une relation à long terme avec un garçon. Brièvement, je me laisse distraire par la pensée de Julien... lui qui semblait être différent.. Comment ai-je pu me laisser embobiner par ce mec ? Qu'est ce que j'ai cru ? Il était plutôt sympathique et beau parleur, c'est vrai, mais je n'ai jamais été dupe... Je me souviens surtout de ce soir là, comme d'un moment où j'avais ressenti un besoin désespéré d'exister dans le regard de quelqu'un d'autre. Ce désire n'a pourtant duré que le temps d'une soirée..
Je remonte la rue à petites foulées. Partout, les illuminations de Noël donnent un air de fête au quartier. Je passe devant le Musée d'histoire naturelle auquel je ne me suis jamais vraiment intéressé et, au terme d'une longue course d'une centaine de mètres, pénètre enfin dans la grande entreprise de la fabrique : DIOR.
Me voilà entrée en plein rêve.
Je n'aurais jamais pensée travailler un jour pour cette si grande marque, je me contentais juste de contempler chaque matin ce grand bâtiment, sans plus d'intérêt. Cela va faire deux ans que je passe devant ce palace sans même imaginer y pénétrer un jour. Mais voilà qu'aujourd'hui, je m'y trouve à l'entrée, prête à me faire passer pour une des plus grandes mannequins de notre génération. A cet instant, un drôle de sentiment m'envahi. Je me sent à la fois solide, puissante et vulnérable.

- Et voilà enfin notre vedette ! S'exclame un homme au regard éclatant en se précipitation dans ma direction.

Je laisse échapper un sourire crispé tandis que l'homme dépose délicatement sa main derrière mon dos afin de m'indiquer le chemin.

- Je vous avez déjà vu sur des photos mais vous êtes encore plus belle en vrai ! S'exclame t'il à nouveau tout en accrochant un sourire minutieusement préparé sur son visage.
- Pardon, mais, qui êtes vous ?
- Moi ? l'un des photographes qui s'occupera de votre book durant un bon moment !
- Ah bien.. Enchanté Monsieur. Dis-je timidement.
- Josh, appelez moi Josh.

Je souris à nouveau tandis que Josh  me conduit en direction d'une grande salle fascinante. Les murs sont couvert de blanc et le sol est tapissé d'une moquette rouge scintillante. De grande photo de mode recouvrent une partie des murs, chacune cernées d'un cadre prestigieux. Je croirais rêver.

- Bientôt, vous et Monsieur Kaulitz aurez votre place sur ce mur. Ajoute Josh en remarquant mon émotion soudaine.
- Mr Kaulitz ?
- Exact
- Mais qui est-ce ?
- Eh bien ! Celui avec qui vous poserez, dit-il étonné.
- Oh, pardon je ne connaissais pas son nom.
- Ce n'est rien, pendant l'espace d'une seconde j'ai cru m'être trompé de personne !

J'attache un sourire forcé tandis que l'homme semble vraiment rire à sa stupide plaisanterie. Sa façon de marcher me fait légèrement penser à un de ses coiffeurs homosexuel que l'ont croise souvent dans les salons de beauté. Non seulement sa façon de remuer son derrière, mais aussi sa manière de parler et de rire. Josh doit avoir une trentaine d'années mais n'en fait même pas la moitié. Malgré ça, je dois avouer que cette attitude forcée et extravertie me met plutôt à l'aise.

- Venez, je vais vous présenter la compagnie ! Dit-il avec un large sourire.
- Je vous suit.

A nouveau, Josh s'élance dans une autre direction tandis que je contemple encore ce grand mur couvert de photos, tout en m'imaginant à la place de ces mannequins.
Bientôt, vous et Monsieur Kaulitz aurez votre place sur ce mur ... Bientôt. Oui bientôt.
Qui aurait cru que la petite Anthéa, aussi réaliste que rêveuse, obtiendrais un jour une place de mannequin dans une telle entreprise. Eux qui croyait que je ne réussirais jamais dans le monde de la mode... Eux. Tous ces gens qui ne croyait pas en moi. Je me réjouirais de voir leur réaction lorsque les photos seront publiées au monde entier. Ce qui est hilarant dans cette histoire, c'est sûrement le fait que je me préoccupe plus de devenir un modèle célèbre que de rencontrer ce jeune homme. Lui, la raison pour la quelle je me trouve actuellement dans de si bonnes conditions.
Je me fou de ce garçon, qu'il soit riche, beau ou célèbre. Non seulement il va me rapporter une énorme somme si jamais notre plan marche, mais une chose est sûr maintenant.. cette aventure fera de moi une mannequin connue dans une grande partie du monde. C'est alors qu'un sourire envahit mon visage.

- Suivez moi, c'est par ici.

Je l'avais presque oublier lui...
Je marche en direction d'une grande entrée tandis que Josh empoigne la poignée et pousse la porte d'un seul mouvement. De là, je peux directement analyser le contenue de la salle. Un grand buffet, des coupes de champagne, quelques serveurs et un amas de monde tous sur leur trente - et - un. Putain. Si j'avais su je ne me serais pas pointé ici dans cette tenue.

- Mais.. Josh, qu'est ce que font tous ces gens ici ?
- Ces gens sont là pour vous bien sûr, ainsi que pour le chanteur qui ne devrait sûrement plus tarder maintenant. Dit-il tout en observant le contenue de la salle à son tour. Allez-y, entrez !

J'entre alors. A ma plus grande surprise, c'est une foule qui acclame mon arrivée par de grands applaudissements, chacun écrasés d'immenses sourires. Toutes ces personnes paraissent étonnement réjouis par mon arrivée. Là, je dois avouer que je ne me serais jamais imaginer dans de telles circonstances. J'attache un sourire crisper en ne sachant que faire de plus. Il s'agit pourtant que d'une putain de série photo pour un magasine, non ? Alors pourquoi tout ce cirque ?! Je joue le jeux et attache un sourire radieux, tout en prolongeant mon regard de toute part dans la salle. C'est comme si tout tournait à cent à l'heure autour de moi. Tous ses visages souriant et ses yeux cloués sur moi. Quand soudain, les applaudissements font place à un vacarme impossible et toute la foule dérivent le regard derrière mon dos. Je guide donc mes yeux vers l'entrée de la pièce, quand Josh accourt subitement en direction d'un jeune brun qui vient de faire son apparition. Ce jeune homme. C'est pour lui que toutes ces personnes applaudissent, pour lui que tous le flot de la presse bondit, pour lui.
De là où je suis, je peux déjà discerner son visage, son sourire, et ses traits aussi fin que féminin. Je découvre enfin « l'inconnu ». C'est ainsi que je l'avais nommé jusqu'ici. Le parfait inconnu.
Toute la clameur de la foule s'estompe peu à peu pour regagner le calme qui régnait avant notre arrivée. Je me retourne timidement et m'approche de Josh qui est en train de discuter avec le brun. L'heure est arrivée Anthéa.
Plus je m'approche et plus je peux distinguer le visage et la corpulence de ce dernier. C'est un jeune homme élancé, de grande taille, extrêmement mince et très peu musclé. Son visage me dit vaguement quelque chose, peut être l'ai-je déjà vu à la télévision ou quelque part ailleurs, mais je dois avouer qu'il possède un sourire étonnant. Un sourire presque irréel. Il a quelque chose de rassurant dans ses gestes, dans sa façon de rire. Ses cheveux lisses, qui lui arrivent aux épaules, lui donne un certain côté féminin, voir gracieux. Il porte un jean noir très moulant ainsi qu'un petit pull au col roulé, accompagné de deux chaînes en guise de bretelles. La ceinture qui l'entoure est imprégnée d'une grosse plaque en argent portant la marque « Fighler », et un collier en forme de menottes grises aborde son coup. Tout est accorder avec finesse, de la tête au pied. Il faut dire qu'il a beaucoup d'allure.
Je m'approche encore, encore. Quand subitement, son regard croise le mien .
Ce regard .
Une seconde de plus et je m'effondrais dedans. Ses yeux en amande et maquiller sont sûrement ce qu'il y a de plus fascinant chez lui. Pendant une minute j'ai cru croiser le regard d'un ange. Ses traits sont si fin et si bien dessiner. Mais merde, qu'est ce que je dis ? Respire. Ce n'est que l'inconnu.

J'arrive enfin aux côtés de Josh, qui se retourne automatiquement vers moi avec un large sourire, et s'exclame.

- Et bien, je ne me lasserais jamais de vous regarder Anthéa !

J'affiche un sourire gêné, puis prend la parole à mon tour.

- Merci Josh, alors, vous ne me présentais pas ? dis-je en baissant timidement les yeux.
- Bien sûr, je pense ne pas vous apprendre grand chose mais voici Bill, Bill Kaulitz. Celui avec qui vous allez passer beaucoup de temps derrière les projectifs. S'exclame t'il tout en souriant.

Bill.
Bill kaulitz.

Je peux enfin donner un nom à ce visage. Un nom à cet inconnu.

- Enchanté Anthéa, on m'a beaucoup parlé de toi.

Son regard. Ce regard.
On pourrait se perdre dedans.

- On fera connaissance plus tard, si tu veux bien, je dois aller voir le directeur de la boite pour régler deux, trois truc. Ajoute t'il sans trop me porter d'importance.

Aussitôt dit, aussitôt fait, le voilà partit.
Je reste quelque seconde ici sans bouger, puis attrape vulgairement une coupe de champagne qu'un serveur tend dans ma direction.

- Décevant. Me chuchote discrètement une voix à l'oreille.

Je me retourne brusquement , et aperçois derrière moi Rouvier qui fait mine de s'intéresser à la discussion d'un homme d'affaire qui lui parle, tout en me jetant un regard dédain. Je prend une grande bouffer d'air et tourne des talons. J'arriverais à saisir son attention d'un moment à l'autre. Ce n'est qu'une question de temps.
S'il y a bien quelque chose de rassurant, c'est le fait qu'il ne soit pas repoussant. En fait... dire qu'il est beau est un euphémisme.

# Posté le lundi 25 août 2008 16:08

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